Le paradoxe de Zeebrugge : GNL russe record en pleine dérussification
Le terminal belge de Zeebrugge a importé au premier trimestre 2026 plus de GNL russe que tout autre terminal européen — 23 % de plus que l'année précédente — au moment même où l'Union négocie son calendrier de sortie. L'explication tient aux contrats de long terme et à l'interdiction du transbordement, qui a déplacé les volumes du transit vers la consommation européenne.
Rédaction EuroEnergy · 1 min de lecture · mis à jour le 29 sept. 2026
Sur le papier, l'Europe se sépare du gaz russe ; au port de Zeebrugge, les méthaniers de Yamal continuent d'accoster. Au premier trimestre 2026, le terminal belge a importé 23 % de GNL russe de plus qu'au même trimestre de l'année précédente — plus que tout autre terminal européen, devant Dunkerque et Bilbao.
Comment s'explique le paradoxe. Fluxys, l'opérateur du terminal, est lié par des contrats de long terme signés des années avant l'invasion — des services de regazéification qu'il ne peut résilier unilatéralement sans indemnités massives. Et l'interdiction européenne du transbordement, en vigueur depuis fin mars 2025, a produit un effet pervers : les volumes qui ne faisaient que transiter par Zeebrugge vers l'Asie sont désormais déchargés et entrent dans le réseau européen — statistiquement, des importations.
Les chiffres derrière. Les importations russes via Zeebrugge avaient atteint 6,1 milliards de mètres cubes en 2023 et 5,7 en 2024 ; le premier semestre 2025 en avait déjà apporté 3,3 milliards. Le terminal lui-même a été étendu en 2025 de 1,8 milliard de mètres cubes de capacité.
La suite. Le calendrier européen de dérussification — avec des interdictions étagées vers la fin de la décennie — transformera peu à peu les vieux contrats en papiers sans objet. D'ici là, Zeebrugge reste l'illustration parfaite de la distance entre déclarations et gazoducs.
Le gaz et ses prix, sur la page des prix.
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